NON A L’EXCISION

 

 

Qu'ai-je fait de ma journée ?

J'ai rencontré des Hommes et Femmes, des victimes et acteurs de la lutte pour éradiquer l’excision.

L'exposition les ''Visages de la résistance' qui a eu lieu du 5 au 6 décembre 2017 à la Maison de la Presse à Dakar, montre des portraits d'acteurs qui œuvrent pour l'éradication de l’excision. Par le dialogue, les échanges respectueux et des campagnes de sensibilisation, des hommes et femmes engagés luttent contre cette pratique qui touche encore 24%, des femmes dans notre pays.

Parmi ces braves gens qui luttent contre ce fléau, se trouve SALIMATA DIENG BA.

 

Il s’agit d’une femme sur 4 qui sont victimes au Sénégal de l’excision pourtant condamnée par la loi du 29 janvier 1999.

Les associations et ONG travaillent sans relâche pour faire régresser voire éradiquer l’excision. Mais comme disait une exciseuse repentie lors de la conférence de presse organisée en marge de l’exposition à la maison de la presse, « si le roi décide de faire passer une route sur ta tête, tu peux commencer à t’inquiéter pour ton cou car la route passera au-dessus de ta tête quoi qu’il arrive ». Tout cela pour dire que la raison majeure qui pousse beaucoup d’exciseuses à arrêter d’opérer est visiblement la peur de la prison. Mais l’être humain étant « une machine sophistiquée et performante », l’excision continue tout de même à exister en cachette, ce qui peut être beaucoup plus difficile à appréhender selon les activistes.

En effet Mariama, une femme victime devenue activiste déclare que l’excision se fait maintenant au berceau. On opèrerait des bébés filles ce qui peut être plus discret.

Malgré la fragilité de ces petits Etres, des pères et mères de familles les exposent à cette pratique douloureuse et dangereuse pour tout Etre à plus forte raison pour des bébés. Pourtant nul doute que ces parents pensent bien faire. Ils sont juste envahis par le poids d’une coutume ancestrale très forte qu’ils croient encore bien fondée.

Les raisons qui sou tendent ces pratiques sont sociales : la peur d’être exclu du groupe, d’être indexé, d’être maudit, rejeté….

Le contrôle social très fort Oblige ces Hommes et Femmes Victimes au premier degré de leurs croyances.

Que faire pour avancer sur la question car la lutte persiste depuis plusieurs décennies avec un succès limité vu le taux important de prévalence ?

La plateforme de communication « Génération Fille » tente une approche humaniste en instaurant le dialogue entre les acteurs pour convaincre des méfaits de l’excision. Ne pas juger, ne pas condamner, mais tenter de comprendre par la communication. Cette approche professionnelle fait ses preuves, vu que des victimes sortent de l’ombre pour poser sur les magnifiques portraits exposés. Des exciseuses prennent la parole et expliquent leurs gestes.  L’initiative balbutie encore, mais s’affine par la richesse du discours des acteurs qui demandent l’aide des journalistes pour porter le message sans utiliser des termes critiques qui risquent de faire se refermer les personnes qui pratiquent encore l’excision.

Mais comment faire pour en parler en des termes positifs ou non jugeant si comme moi on n’est pas initié ? Comment exprimer la peur qui nous prend au corps quand les victimes expliquent leurs souffrances ? Comment formuler nos inquiétudes quand on n’est pas victime au premier degré ?  Je me sens tout de même victime, car je suis une femme, une mère et une personne qui ne supporte pas l'idée de la souffrance perpétrée au nom de ce qu'on pense être une bonne pratique. En écoutant ces témoignages j’ai eu mal dans mon corps, mon cœur de femme, de mère, d'être qui ne supporte pas la douleur. Mais j’ai aussi appris à entendre les raisons évoquées par les exciseuses pour travailler à les convaincre d'arrêter cette pratique qui ne devrait plus être de notre temps. Si vous souhaitez que cela change, partagez le message NON A l’EXCISION.

Salimata DIENG