HERITIER LUWAWA: un modèle de réussite à suivre

Né en Angola en 1984, Héritier Luwawa a dû fuir le pays avec sa sœur à cause de la guerre civile.

En France, la vie n’était pas rose non plus. De Nantes à Paris, les problèmes s’accumulent. Il est placé chez un oncle, puis chez une tante avant de faire une rencontre qui va tout changer. Cette belle rencontre n’est personne d’autre que son meilleur ami dont les parents lui proposent de finir l’année scolaire chez eux. Il finira par y rester pendant douze années consécutives.
Après l’obtention de son baccalauréat et un BTS action Commerciale, Héritier multiplie les petits boulots pour s’en sortir.
Mais malgré toutes ses difficultés, Mr Luwawa garde viscéralement son vieux rêve: créer sa propre entreprise, d’être enfin son propre chef. Après sa 1 ère expérience en tant qu’associé dans sa boîte Be Éco Service. Le digne fils de Kama décide de suivre le sillage de ses aïeux notamment la reine de MatambaNgola Mbandi Nzinga Bandi Kia Ngola qui signifie « la reine dont la flèche trouve toujours le but (Anna Zinga était une fervente résistante de la colonisation angolaise) . Sa détermination, son courage, son envie de persévérer le pousse encore à aller explorer d’autres domaines.

Un bel exemple pour la jeunesse !

 

Auparavant, vous aviez monté une société de nettoyage Be Eco Service avec un chiffre d’affaire de 2,3 millions d’euros.

  • Qu’en est-il et pourquoi le métier d’assureur maintenant ?

Effectivement, j’ai monté Be Eco Service en 2010 suite à une expérience professionnelle. J’avais travaillé quelques années avant dans le secteur des services à la personne. Ce parcours m’a permis de me lancer dans l’entrepreneuriat en créant Be Eco Service, qui était une société de ménage écologique au service des particuliers. Elle a fonctionné durant six ans et m’a permis de vivre, d’avoir une première expérience en tant qu’entrepreneur. Et puis vers la fin de cette expérience, je me suis associé avec un investisseur, c’était un bon moyen pour moi de développer mon activité. En même temps, cela m’a permis de travailler avec des gens que je n’avais pas forcément l’habitude de côtoyer. A partir de ce moment, on rentre dans le vrai monde des affaires. Cela a été une expérience très enrichissante mais qui en même temps s’est terminée à cause de désaccords qui arrivent parfois entre associés. Etant donné que la machine est lancée, j’ai décidé de partir sur autre chose.

 

Aujourd’hui, vous êtes conseiller en assurance. En quoi consiste ce métier?

Pour être tout à fait précis, aujourd’hui, j’ai deux activités. J’ai monté une boite de construction à la destination de la diaspora africaine. L’idée est de permettre à cette sphère diasporique en France, en Europe de manière générale, de pouvoir accéder à la propriété dans leur pays d’origine. Aujourd’hui tout le monde a envie de posséder sa propre maison, mais il y a une problématique particulière concernant la diaspora africaine. Beaucoup de ressortissants africains ont des terrains dans leur pays d’origine mais le problème qui se pose est que nombre d’entre eux sont partis du pays depuis très longtemps et n’ont pas de lien si ce n’est la famille. Parfois, cette dernière n’a pas vocation à mener ces types de projets qui sont des projets de vie, se déroulant sur le long terme avec des montants importants. Et donc, l’idée est de créer une société qui va se positionner en tant que tiers de confiance, c’est-à-dire avoir un pied des deux côtés tout en maîtrisant leur les tenants et les aboutissants ; ce qui permet aux clients de mener leur projet de A à Z. Ça, c’est la 1ére société du nom de PROPERTISE que j’ai créé après mon expérience avec Be Eco Service, et qui est toujours en vigueur et en phase de lancement.

Et en parallèle, je me suis également lancé dans les assurances. Je suis courtier en assurance et c’est une activité qui me permet de vivre au quotidien, d’acquérir une nouvelle expérience au passage car je ne maîtrise pas très bien le secteur « pour le moment ». Cependant, il y a une cohérence globale entre la construction et les assurances, se sont deux secteurs d’activités qui ont un lien fort.   

 

 Quelles sont les qualités requises pour pratiquer le métier d’assureur ?

Au niveau de l’assurance, la première qualité principale est l’écoute parce que le métier de l’assurance c’est principalement le conseil. Le courtier en assurance est un intermédiaire qui doit proposer des produits pour les particuliers, les professionnels de différentes compagnies. Il faut être très à l’écoute du client afin de pouvoir lui apporter le meilleur produit satisfaisant. Et ensuite la deuxième qualité primordiale est l’organisation. C’est une activité à laquelle il y a de la vente et du conseil mais derrière, elle demande une gestion car qui dit assurance dit sinistre forcément à un moment donné. Donc il faut une capacité de rigueur et d’organisation  suffisante pour pouvoir gérer les sinistres en aval ou en amont.

Vous avez fait un transfert d’expériences chez les jeunes issus de la diversité ?

En effet je l’ai fait. Lorsque j’ai voulu créer ma boite, devenir entrepreneur en 2010, je n’avais que l’expérience professionnelle salariale. Pour être entrepreneur, je pense qu’on peut avoir l’ ADN, la fibre, le goût de l’indépendance, la détermination … mais c’est aussi un métier à part entière, qui nécessite à un moment donné de se former, d’apprendre le métier d’entrepreneur. Et c’est vrai qu’à l’époque, on m’a beaucoup aidé pour acquérir de l’expérience. Cette réussite a engendré des sollicitations de futurs jeunes entrepreneurs qui peut être se sont reconnus en moi, et qui avaient aussi envie de créer leurs propres entreprises.

Pour conclure, la finalité est, qu’on m’avait tendu la main et donc c’est à mon tour de faire pareil. J’accompagnais ces jeunes en leur conseillant sur la stratégie commerciale; comment monter une boite, quel statut juridique choisir, comment chercher son premier client, comment recruter du personnel, mais il y avait aussi un côté très technique, c’est à dire d’intervenir sur la rédaction du contrat, sur le contrat du client etc … Et pour certains avec qui j’avais un feeling un peu plus poussé, j’intervenir de manière plus opérationnelle dans leur activité.

Quels conseils donneriez-vous à un(e) futur(e) entrepreneur(e) sur les avantages et les inconvénients de l’entrepreneuriat?

Comme dans toute entreprise, il y a des avantages et des inconvénients. Le gros avantage pour des gens qui veulent se lancer c’est d’aller vers une forme de liberté qu’on a pas forcément lorsqu’on est salarié. Pour moi, la première chose la plus importante est d’arrêter de réfléchir et droit au but, de passer à l’action. !

Beaucoup de gens ont des supers projets mais l’inconvénient est qu’ils ont peur. Ils ont du mal à franchir ce que j’appelle des barrières psychologiques du genre : je n’ai pas d’argent, je n’ai pas d’expériences, je n’ai pas de réseau… A partir du moment où on a des potentialités, on a envie et on franchit le cap, on peut tout apprendre. Le réseau se constituera au fur et à mesure et l’argent si on a une bonne idée se transforme en projet. On va alors trouver quelqu’un qui financera le projet parce que dans la partie financement, ce qu’il faut comprendre c’est qu’un entrepreneur entreprend et que les financeurs financent;  à chacun son métier.

 

 

Propos recueillis par Khoudia Mbaye